Un Ségur de la santé : pour quoi faire ?

Alors que la crise du Covid-19 a révélé dans toute son ampleur les fragilités du système sanitaire et hospitalier français qui n’a tenu, face à l’épidémie, que grâce à la mobilisation, au dévouement du personnel soignant et à la dépriorisation des patients atteints d’autres pathologies, s’ouvre le Ségur de la santé. Que pouvons-nous en attendre ? 

Les revendications sont connues : hausse significative des rémunérations de l’ensemble du personnel soignant en milieu hospitalier comme en EHPAD, réduction des écarts de rémunération entre le public et le privé qui affaiblissent l’attractivité du secteur public, organisation du temps de travail et maintien des 35 heures, financement de l’hôpital face à la dette, lutte contre les déserts médicaux. 

EÉLV soutient l’ensemble de ces revendications qui sont légitimes et qui font suite au vaste mouvement inter hospitaliers de ces derniers mois. 

Pour autant se focaliser exclusivement sur le système hospitalier ne peut suffire. Soigner la maladie est indispensable mais la santé ne se résume pas à cela.

Plusieurs études scientifiques montrent l’importance des facteurs de comorbidité (diabète, pathologie pulmonaire, obésité, hypertension artérielle…) dans les décès liés au Covid-19, ainsi que la pauvreté. Une étude parue dans le Lancet constate que : « La pandémie de COVID-19 a eu de nombreux effets sur la santé, révélant la vulnérabilité particulière de ceux qui souffrent d’affections sous-jacentes ». 

Pour EÉLV, l’après COVID doit intégrer la refondation de la politique de santé – et non seulement de soins – reposant sur deux priorités : la prévention et le renforcement du service public hospitalier.

Nous appelons à une véritable politique de prévention de toutes les causes d’altération de la santé, de la prévision et de la gestion de crise des priorités, avec une attention particulière pour la santé environnementale, la prévention de l’obésité, du diabète ou des affections de longue durée comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer et toutes les pathologies hormono-dépendantes liées aux perturbateurs endocriniens. Il faudra agir sur les causes autant que sur les effets notamment au travers du développement de l’éducation à la santé, tant au niveau des modes de vie qu’au niveau des risques majeurs sanitaires, technologiques et naturels. Cela suppose un décloisonnement des différents acteurs de la prévention et des soins : santé publique, santé scolaire, santé au travail… en lien avec la protection de l’environnement. Cela passe aussi par la réduction des inégalités sociales pour construire une politique de santé globale plus égalitaire et solidaire.

Concernant le renforcement du service public hospitalier, Europe Écologie Les Verts soutient  la création d’emplois hospitaliers supplémentaires, l’augmentation pérenne des rémunérations,  l’annulation de la dette des hôpitaux, l’ouverture de lits et un moratoire sur l’arrêt de tous les plans de restructuration.

Toutes les leçons doivent être tirées de cette crise sanitaire.

Alain Coulombel et Éva Sas, porte-paroles

Commission Santé d’EÉLV