Familles et handicap : nos enfants n’attendront pas 2022 !

La réouverture des écoles le 11 mai, alors même que le Conseil scientifique a fait savoir qu’il y était défavorable, continue de soulever des interrogations. Bien que progressive, cette rentrée prématurée semble répondre d’abord  à des besoins économiques avant de répondre à des besoins pédagogiques et sanitaires. Au lieu du volontariat et du pragmatisme comme stimuli des adaptations locales, caractéristiques d’une vision très libérale de l’école, l’accueil des élèves doit reposer sur des critères éducatifs et sociaux.

Quelles sont les conditions des familles françaises concernées par un enfant en situation de handicap, quand 8.000 enfants étaient encore en attente d’une solution le 11 février 2020 ?

Selon les données disponibles, en 2018-2019, la grande majorité des élèves handicapés réalisent leur scolarité dans une classe ordinaire (près de 230 000 élèves), d’autres enfants sont orientés vers les Unités localisées pour l’inclusion scolaire (90 000 élèves) ou bien vers un établissement du secteur médico-social (80 000 élèves). Soit potentiellement plus de 400.000 ménages concernés par la continuité pédagogique à domicile.

Les services médico-sociaux ont certes renforcé leurs interventions à domicile durant la période de confinement, mais  les services d’aide et d’accompagnement à domicile doivent disposer des garanties élevées de protection sanitaire, notamment de la mise en œuvre d’un dépistage particulièrement important pour les professionnels de ce secteur, et les familles concernées.

Europe Écologie Les Verts demande au gouvernement de garantir aux familles  la mise en place effective des mesures immédiates :

  • La mise à disposition de tous les moyens de protection sanitaire pour les AESH et la mise en place de dépistage systématique pour les familles, les AESH et les intervenants médico-sociaux pour permettre une reprise de la scolarisation dans les meilleures conditions sanitaires ;
  • L’attribution d’une aide financière aux familles concernées de 500€ afin de répondre aux besoins de leurs enfants, incluant les aides à domicile et à la parentalité ;
  • La revalorisation des salaires des Accompagnants des Élèves en situation de handicap (AESH) avant la rentrée scolaire 2020-2021 des échelons 1 à 4,  ainsi que la prise en charge du coût des transports entre les différents établissements scolaires) ;
  • Le versement d’une compensation financière permettant d’assurer le départ en vacances adaptées dès le 1er juin, intégrées aux mesures de soutiens de transition du secteur touristique ;
  • La mobilisation immédiate des exécutifs régionaux pour l’attribution facilitée à destinations des organisations  de solidarités, associations locales, des financements du Fonds Social Européen qui doivent promouvoir les luttes contre la pauvreté et les discriminations  ;
  • La déclinaison dans les meilleurs délais, du plan gouvernemental de préparation à la rentrée scolaire 2020-2021, avec la garantie de l’amélioration des Projets Personnalisés de Scolarisation par les services des MDPH pour chaque enfant, ce qui oblige à l’anticipation de moyens budgétaires pérennes assurant la protection de leur santé, des familles, des salariés de l’Education nationale et des établissements médico-sociaux.

Alain Coulombel et Éva Sas, porte-paroles

Commission Handicap d’EÉLV